Dans la protection sociale, lutter c’est vital
Militant ?

Edito : L’agence tous risques

Publié le vendredi 27 janvier 2017

Nous venons au monde avec la Sécu, cela semble presque évident aujourd’hui.

Depuis plus de 70 ans, elle fait partie intégrante de la vie quotidienne de chaque Français. Cette banalisation de la protection sociale nous a cependant fait perdre de vue ce qu’elle constitue vraiment : l’une des plus belles conquêtes du monde ouvrier et des salariés.

En effet, à 70 ans, la Sécurité sociale reste toujours moderne ! Pilier de ce qu’on nomme encore aujourd’hui le modèle social à la française, elle démontre, avec la crise financière et sociale que nous traversons son incroyable capacité à en éviter les drames que subissent des milliers de salariés, de citoyens en Europe et partout dans le monde.

Assise sur la solidarité et l’égalité, ancrée sur ses missions de service public, elle est devenue une référence universelle qui inspire bien des politiques dans le monde qui visent à faire progresser les droits, lutter contre la misère et les inégalités dans accès aux soins, au logement, et à tous les besoins fondamentaux de chacun d’entre nous.

Les valeurs de la Sécurité sociale sont justes : protéger dans la solidarité, partager les richesses produites par le travail pour financer la réponse aux besoins de toutes et tous : c’est la solution !

La CGT, pleinement engagée en 1945 dans la création de la Sécurité sociale, est toujours restée mobilisée pour défendre « cette loi humaine et de progrès »… comme disait Ambroise Croizat, alors ministre du travail.

Pour autant, depuis sa création, et aujourd’hui encore, la Sécurité sociale n’a jamais cessé d’être un enjeu de la lutte des classes. Comme actuellement au sujet du travail, la Sécurité sociale a toujours été présentée comme « une charge » par les gouvernements, le patronat, leurs « experts », qui cultivent la fausse idée culpabilisante du « trou de la Sécurité sociale »ou de son » déficit abyssal légué à nos enfants » … Tous les arguments sont bons pour détricoter petit à petit cette formidable innovation sociale, dédouaner le patronat de son financement et faire payer les assurés eux-mêmes !

Les réformes se sont succédées, des plans d’économies de plusieurs milliards sont en cours, les inégalités continuent à se creuser, l’accès aux soins devient difficile, voire inaccessible, les prestations familiales sont conditionnées aux revenus, l’accompagnement des personnes âgées est peu pris en charge, le service public régresse, le travail dans la santé, le social, la Sécurité sociale se dégrade…

Les mutuelles et les groupes de protection sociale ne sont plus que les ombres d’eux-mêmes. Ce que l’on appelle communément les organismes complémentaires se transforment au gré des lois et injonctions européennes pour ressembler aujourd’hui à des organismes d’assurances privées avec lesquelles d’ailleurs ils sont en concurrence…

La logique est la même pour le service public de l’emploi confronté à un chômage de masse et à une régionalisation à marche forcée. Il est de plus en plus menacé par la mise en place des opérateurs privés de pla-cement et risque à terme de devenir une simple agence de contrôle…

C’est toute la protection sociale qui est affaiblie lorsque l’on fragilise la Sécurité sociale.

Notre Fédération est au coeur des enjeux de reconquête de notre protection sociale et ne peut rester sans voix lorsqu’au détour d’une élection présidentielle, les candidats s’évertuent à lui porter le coup fatal !

François Fillon a provoqué un tollé en proposant de transférer les « petits risques » au secteur privé. Il a ensuite « rétropédalé », en déclarant que les personnes modestes ne seraient pas moins bien remboursées, puis il s’est tu sur le sujet. Il convient de souligner qu’il n’est jamais véritablement revenu sur sa proposition. Ainsi, l’un de ses porte-paroles Jérôme Chartier a répondu sur France Inter à un journaliste qui lui demandait si la Sécurité sociale continuerait à rembourser les « petits risques » : « ça dépend quel rhume » !

Benoit Hamon propose, outre la création d’un revenu de base universel, de refondre complètement le financement de la protection sociale, en fusionnant l’impôt sur le revenu et la CSG (en les rendant fortement progressifs : il y aurait 10 tranches pour cet impôt fusionné, alors que la CSG est proportionnelle au revenu et que l’IR comporte actuellement 5 tranches), et en créant ce qu’il appelle « une taxe sur les robots » qui consisterait à « appliquer les cotisations sur l’ensemble de la valeur ajoutée et non plus seulement sur le travail ».

Vous l’aurez compris, nous sommes très loin des propositions de la CGT, notamment sur la mise en place de la sécurité sociale professionnelle qui permettrait de couvrir l’ensemble des droits existants comme des nouveaux et répondrait à une véritable protection sociale du 21ème siècle qui puisse tous nous prémunir contre les aléas de la vie. Ce serait notre agence tous risques…

Notre Fédération a décidé de s’inviter dans la campagne présidentielle parce que la régression sociale ne se négocie pas, elle se combat !

On vient au monde avec la Sécu, cela parait presque normal aujourd’hui. A nous de faire en sorte par les combats que nous devons mener qu’il en soit de même pour les générations futures…

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