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LETTRE OUVERTE LES CAF ET L’URGENCE SOCIALE

Publié le jeudi 25 janvier 2018

Partager la richesse avec celles et ceux qui la créent, veiller à accompagner ceux qui en ont besoin.

Nous n’entendons plus parler des questions sociales que pour encore et toujours pointer du doigt le prétendu laxisme de nos comptes publics, ou de façon plus pernicieuse encore, la tendance lancinante des catégories précaires à se compromettre dans la « fraude ». Ce qui est là une façon tout de même bien étrange de présider à la destinée commune d’une nation et donne une idée assez précise de la conception que ce gouvernement se fait de la population de ce pays.

Président des riches, des actionnaires, de « la start-up nation », nous avons tous compris quelle est la véritable priorité de la politique mise en oeuvre.

Remettons tout cela un peu en perspective :

Alors que le pèlerinage annuel des riches et des puissants a commencé à Davos et après le rapport mondial publié en décembre sur les inégalités, Oxfam nous rappelait ce lundi, une fois encore, le scandale mondial des inégalités entre les humains : l’an dernier, les 1% les plus riches ont siphonné 82% des richesses créées. C’est une véritable guerre de prédation que livrent les plus riches au reste de l’humanité.

La bonne nouvelle est que les inégalités sont le produit de décisions politiques (fiscalité, protection sociale, droit du travail...) qui peuvent être remises en cause, pour ne pas dire inversées, pour autant que les bonnes décisions soient prises. Les réformes fiscales dont l’effet immédiat sera d’accélérer l’accumulation de la richesse au sommet de la pyramide ne feront qu’aggraver une situation déjà bien dégradée.

Dans un éditorial récent du Financial Times, journal de référence des décideurs européens et qui ne peut être taxé de « progressisme lancinant » nous pouvions lire : « une fois encore il faut plaider avec vigueur pour un changement de politique (y compris en déclarant que le commerce international ne devrait plus jouir de la prééminence dont il bénéficie) afin de restaurer un partage plus juste de la prospérité. Faute de quoi la pérennité de nos sociétés démocratiques serait en cause ». On ne saurait mieux dire !

Contrairement à ce qui est souvent dit, l’attractivité de la France a toujours été globalement bonne. Pourquoi ? Parce que le système de formation, les infrastructures, la protection sociale sont au rendez-vous et souvent plus accessibles que dans d’autres pays d’importance. Pourquoi alors dérouler le tapis rouge au monde des grandes entreprises et de la finance prédatrice alors que l’attractivité de la France vaut d’abord et surtout par ses infrastructures et son modèle social ?

Ce qu’il faut comprendre c’est que c’est bien plus que de la communication, c’est le coeur de la politique de ce président. On dit souvent qu’il est le président des riches, il est aussi le président des entreprises au sens des actionnaires. Ayant restreint le périmètre de l’action de l’État, il pense qu’il n’a d’autres solutions que de faire venir des investisseurs étrangers.

Tant pis alors pour le soutien à la population, exit la politique sociale, haro sur l’accueil des réfugiés, démantèlement du système de protection sociale.

Un nouveau Directeur national vient de prendre ses fonctions à la CNAF, sans augurer pour le moment des orientations qu’il prendra il ne disposera d’aucune latitude si lui-même n’est pas un tant soit peu convaincu du rôle et des missions de notre institution. Qu’est-il véritablement prêt à défendre ?

Plus que jamais il nous semble donc primordial de remettre ces questions au coeur de nos priorités, elles n’ont strictement rien de mécanique, elles ne se résument pas aux évolutions du numérique (qui ne reste qu’un moyen), elles ne se confondent pas avec des discours qui restent souvent inopérants.

Nous nous proposons de remettre au fondement de notre action les besoins réels des populations, des besoins qui ne naissent pas d’un penchant prétendu à « profiter des quelques euros » qui sont versés en compensation des risques sociaux. Ces besoins sont directement les conséquences des choix politiques que nous décrivions plus haut, des choix qui tournent souvent le dos aux populations. A trop vouloir imposer la précarité au plus grand nombre il nous paraitrait juste indécent d’abdiquer en sus toute politique de compensatrice et réparatrice.

Nous exigeons donc instamment qu’une nouvelle dynamique soit insufflée aux institutions sociales, que les CAF qui jouent dans ce domaine un rôle primordial soient remises au coeur des dispositifs et qu’elles obtiennent en conséquence les moyens qui lui sont absolument nécessaires pour s’engager et faire face aux défis immenses qui s’annoncent, sans cela le risque est grand d’assister tout simplement à un délitement progressif de notre cohésion sociale.

Montreuil Le 24 janvier 2017

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