Fédération des Organismes Sociaux CGT
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Déclaration de la Commission Exécutive Fédérale des 9 et 10 décembre 2015
vendredi, 11 décembre 2015
PolCom

NOUS NE CÉDERONS PAS !

Suite aux terribles attentats du 13 novembre dernier, la politique gouvernementale sécuri-taire et répressive a pris une dimension très particulière. Interdiction de manifestations, perquisitions administratives, gardes à vue : l’usage politique fait par le gouvernement de l’état d’urgence a conduit ces derniers jours à la multiplication des interventions policières et à de nombreuses assignations à résidence pour motifs politiques et sociaux.

Le 14 novembre 2015, l’état d’urgence a été instauré en France pour une durée de trois mois reconductible.

Le 24 novembre, le gouvernement a informé le Conseil de l’Europe de « sa décision de déroger à la Convention européenne des droits de l’Homme » Il donne de nouveaux pou-voirs à la police en matière de perquisitions, surveillance électronique, sans passer par le juge).

Cette situation est dramatique. D’autant plus que les motifs invoqués pour perquisitionner un domicile ou assigner une personne à résidence dépassent de beaucoup la prévention/répression du terrorisme "djihadiste" qui sert de prétexte au déploiement de ces mesures. Ils permettent en fait, au gouvernement de s’en prendre à celles et ceux qui contestent sa politique.

Le gouvernement cherche à pratiquer la politique de la peur pour museler les opposant/es à sa politique antisociale qui ne cesse de détruire tous les acquis sociaux, allant jusqu’à vouloir réduire le code du travail à sa plus simple expression. Afin d’asseoir sa politique internationale agressive, guerrière, capitaliste, il s’efforce de faire taire toutes les voix discordantes dans une union nationale qui n’a jamais été que de façade.

Cette situation ne pouvait que créer les conditions d’une poussée du Front National lors des élections régionales. Cette poussée doit certes à la peur post-attentats, mais surtout au discrédit d’un pouvoir socialiste qui s’est glissé dans l’habit de la droite néo libérale la plus revêche avec une facilité déconcertante. La CGT n’avait aucune illusion sur la coloration politique des Hollande, Valls et consorts, mais depuis trois ans nous pouvons tout de même bien avouer qu’ils ont dépassé les rêves les plus fous d’un Gattaz qui n’a plus qu’à montrer sa trombine pour obtenir.

Le discours sécuritaire s’est musclé et aucune mesure sociale ou éducative n’a été prise. Sur le front de l’emploi c’est l’abandon total. Et ils se payent en plus le luxe de continuer à rogner sur nos droits sociaux, la PUMA dans l’assurance maladie, le départ à la retraite à 63 ans, la fusion du RSA et de la prime pour l’emploi, l’Agirc Arrco, le projet de créer une indemnité chômage européenne qui se fera sur des bases de versement et de durée minimale, etc. Ce gouvernement ne navigue pas à vue, il sait parfaitement ce qu’il fait, il est en train de détruire le modèle social que nos aînés ont fondé et pour lequel nous nous battons, modèle social que la CGT a contribué à créer. Il a choisi de satisfaire les intérêts de quelques uns et d’abandonner un peuple dont il n’a que faire. En dehors de la question sécuritaire, migratoire et des atteintes aux libertés fondamentales, le programme économique du FN et ne rompt en rien avec le modèle libéral actuel. D’ailleurs, il n’a jamais participé à aucune lutte des travailleurs, s’oppose au droit des femmes et aux libertés syndicales.

Le Medef a beau jeu de se racheter une virginité en criant au loup, il sait fort bien que rien ne changera pour le grand capital. Que ce sont les travailleurs, les précaires et les exclus qui souffriront plus encore qu’ils ne souffrent déjà, avec le risque réel d’entrer dans une ère qui nous conduira au chaos absolu.

La crise financière a été déclenchée alors que le monde n’a jamais été aussi riche. Il s’agit plus d’une crise d’un modèle financier, le capitalisme, arrivé à bout de souffle. Rien que dans les coffres des banques suisses gisent la concentration de richesses équivalentes à 2.5 fois le PIB de l’Union Européenne. Nous sommes dans une crise qui doit plus à une poignée de prédateurs qu’au ralentissement de la croissance.

Alors, lutter pour nos revendications, lutter pour créer les conditions d’une société plus juste, plus humaine, qui ne soit pas basée sur l’accumulation des profits, c’est aujourd’hui refuser l’état d’urgence et en exiger son retrait. Lutter contre les idées nauséabondes développées par le Front National, c’est aujourd’hui se battre dans nos organismes, nos établissements pour pouvoir vivre avec des salaires décents, pour effectuer nos missions avec des salariés en nombre formés et qualifiés.

Dans nos branches professionnelles, des luttes existent, durent et se développent. A la Cpam de Bayonne, à la CAF de Clermont Ferrand, à la CAF de Meurthe et Moselle, à la CAF et à la CPAM de la Manche, dans le secteur de l’Aide à domicile de la région Rhône Alpes, dans les agences Pôle Emploi de la Picardie…

Dans cette période trouble, pleine de confusion sociale et idéologique, l’enjeu essentiel est de créer partout dans nos organismes, nos établissements le mouvement de résistance qui saura réaffirmer avec force que le courage ne réside pas dans le sécuritaire, mais dans la solidarité !

Montreuil le 11 décembre 2015


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• Déclaration de la CEF du 09 et 10 décembre 2015, (PDF - 240.9 ko)