«Histoire de la CGT, Bien-être, liberté, solidarité» Ep 5

Les chroniques de Ludo Saison 2 épisode 5
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Instruits des revers antérieur les militants des années 1860 réfléchissent aux conditions et outils des aspirations ouvrières.

En 1869, les organisations syndicales de la capitale se regroupent dans une fédération en vue d’abolir « le salariat, dernière forme d’esclavage ». Pour la première fois la coordination dépasse le cadre national grâce aux contacts noués à Londres (création de l’Association Internationale des Travailleurs).

Sous la plume de Karl Marx, son «adresse inaugurale» et le préambule de ses statuts appellent les «prolétaires de tous les pays» à s’unir en vue d’une émancipation qui sera «l’œuvre des travailleurs eux-mêmes».

Après des débuts difficile, l’AIT tire avantages de l’agitation ouvrière. La solidarité financière transfrontalière qu’elle inaugure accroit son prestige et lui vaut des milliers d’adhésion collective.
Prise au dépourvu par la guerre de 1870 puis pas la Commune de Paris, l’AIT s’effondre en France mais laisse un solide héritage d’expériences militantes. Les fusillades, les condamnations (plus de 10000 entre 1871 et 1875) et l’exil frappent le mouvement ouvrier mais ne l’anéantissent pas.
Les conservateurs et monarchiques au pouvoir ne font pas le tri entre les militants. A peine formé en 1872, le Cercle de l’Union syndicale ouvrière , fédération de 23 organisations parisiennes plutôt modérées, est aussitôt interdit.
Ses promoteurs, basés sur un syndicalisme de conciliation, opposé aux violences et reprouvant les grèves travaillent à la reconstruction. En 1876 ils organisent un «congrès ouvrier» regroupant 360 participants représentant 151 organisations dont 88 chambres syndicales soit la moitié du pays.

A Lyon en février 1878, un deuxième congrès confirme la modération précédente mais des tendances collectives se manifestent. Les délégués se prononcent en outre pour des candidatures ouvrières et évoquent la formation d’un «Parti Socialiste Ouvrier».

Le troisième « congrès ouvrier» à Marseille en octobre 1879 rompt avec les orientations antérieures.
Les ¾ des participants rallient ainsi la voie vers l’émancipation préférée à la coopération. Le congrès décide en plus de se constituer en «parti ouvrier» .

La radicalisation reflète et conforte la conflictualité sociale du moment ponctuée de grèves victorieuses. Entre 1876 et 1880, le nombre de syndiqués double pour atteindre 64000 regroupés dans 478 syndicats.

Mais beaucoup de chemin reste encore à parcourir …
A SUIVRE