Les chroniques de Ludo : L’histoire secrète du patronat ! – Episode 6

A l’heure où le patronat de notre pays ne s’est jamais autant enrichi et où, à travers Macron il tente d’obtenir la destruction totale de notre protection sociale il convient de revenir sur l’histoire de ce patronat.
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Episode 6 : Une société Française aurait fourni du Zyklon B ?

Dans un article publié par l’Humanité le 8 octobre 1996 (puis dans son livre «Industriels et banquiers sous l’occupation» ) l’historienne Annie Lacroix Riz émet même l’Hypothèse qu’une usine Française aurait livré du Zyklon B, le gaz mortel utilisé dans les camps d’extermination nazis, en s’appuyant sur le lien entre la hausse de la production du Zyklon B en France par la firme « Ugine-Degesh» ( 1 tonne en septembre 1940 …et 37 tonnes par mois en 1944 !) et le fonctionnement des chambres à gaz.

La réaction des Historiens de la période comme Denis Peschanski ou Hervé Joly fut virulente. Le second avance des arguments techniquement faux, prétendant par exemple que l’acide cyanhydrique, était difficilement transportable par les nazis.

Pour beaucoup à la Libération, le monde patronal porte une part de responsabilité dans la crise financière et industrielle sans précédent que connait alors la France : fin 1944, la dette publique s’élève à 1800 Milliards de francs, soit 4 fois le volume de la dette chiffrée en avril 1939.
Début 1945 le déficit de l’Etat est estimé à 250 Milliards de francs et les recettes fiscales couvrent à peine 30% des dépenses publiques et les infrastructures ( routes, ponts, voies ferrées, habitations, usines) sont ravagées.

Le patronat décide alors de se faire oublier et fait profil bas et ne s’exprime que par le biais de certaines commissions ou par la CGPME.
Le 21 décembre 1945, 120 délégués se réunissent et confient à un comité restreint le rôle de définir les nouveaux statuts d’une nouvelle organisation syndicale, soit tout juste 6 mois après la Libération…

Le 12 juin 1946 naît le Conseil National du Patronat Français (CNPF). Pour l’image , est nommé Georges Villiers, résistant , patron d’une modeste société Lyonnais qui, en période d’épuration, ne peut être assimilé aux grands trusts .
En coulisse par contre, sont à la manœuvre Ernest Mercier magnat du Pétrole et de l’électricité ; Henri Davezac, Pierre Ricard et Pierre de la Lande de Calan, ces deux derniers ex responsables patronaux au sein du régime de Vichy …
Pendant ce temps-là, le gouvernement provisoire s’efforce de mettre en place le programme du CNR.

NOTES supplémentaires :
Le groupe chimique français Ugine, deviendra « Ugine-Kulhman » en 1965 avant d’être acheté par Péchiney dans les années 1970, fabriquait déjà du gaz “Zyklon B” sous licence allemande depuis 1932.
Crée, dès le début de l’occupation, des filiales communes avec une entreprise allemande, la Degesch, dont l’I.G.Farben possède 42,5%. Les Français contrôlent le capital des deux nouvelles entités…

Annie Lacroix Riz, normalienne à 19 ans, agrégée à 22, thésarde à 34. Annie Lacroix-Riz était professeur d’histoire contemporaine à l’université de Toulouse pose les questions suivantes :

Question inévitable:
Le groupe français Ugine, via la Durferrit-Sofumi et son tuteur allemand la Degesh, a-t-il massivement fabriqué en France du zyklon B pour capter une partie de ce marché de la mort ?

Question supplémentaire:
Les banques françaises ont-elles participé à cette entreprise, en accordant 90 millions de crédits pour financer l’importation des produits insecticides d’IG Farben?

Question de curiosité:
Ces produits servaient-ils de matière première à la fabrication du zyklon B ?

Question qui en est à peine une:
Les besoins de plus en plus élevés de zyklon B expliquent-ils que la Durferrit-Sofumi ait vu son capital être multiplié par quinze en deux ans seulement ?

A suivre…

La bataille de la mémoire.